Cette interview d’Olivier Réaud, consultant chez Inprincipo, un cabinet de conseil en management collaboratif, publiée dans la dernière livraison de “Société de l’information”. (
n°54 Décembre 2008 . p. 6) à propos de “management collaboratif”.
Vous vous présentez comme conseil en management collaboratif. De quoi s’agît-il ?
Olivier Réaud : Jusqu’à peu, nous vivions dans un monde de process, où toutes les tâches étaient découpées d’en haut. C’est la logique de chaîne de valeur qu’on retrouve partout, même dans le management. Pour résumer, c’est une approche où on décide de qui a le droit de poser des questions. Quand le monde se complexifie, ce découpage en tâches ultra-simples est de moins en moins efficace. Il faut entrer dans un monde où ce qui compte est la capacité de gérer de l’informel.
“Capacité de gérer l’informel” ? Belle formule qui masque les vraies questions !
Voilà une façon très commune de nos jours de faire croire qu’il suffit de nommer les choses pour que les problèmes soient résolus. En fait, la question, justement, c’est ce qu’il appelle l’”informel” et que l’on ne pourra pas gérer tant que l’on ne saura pas de quoi il s’agit.
En fait, c’est plus simple que ça. A condition, toutefois, d’accepter une chose que l’on évacue depuis un bon bout de temps : à savoir que les choses n’ont un sens que si on accepte que les hommes, tant sur un plan individuel que collectif, et le monde qui les entoure, ont besoin d’un avenir en l’existence duquel, avec leurs pauvres moyens, ils ont besoin de croire. Parce que c’est uniquement par rapport à cet espoir que les choses font sens.
Dès lors, “la capacité de gérer de l’informel” s’appelle alors “digital litteracy”…. Ce n’est donc pas plus compliqué que ça à condition d’accepter d’appeler un chat, un chat et non un mammifère vertébré.
Encore faut-il, une fois encore, croire et donc avoir plus confiance en l’homme qu’en la machine.
Ce qui, par les temps qui courent, n’est pas vraiment technologiquement correct.
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