La pauvreté a bon dos. On l'invoque, ici. On s'en réclame, là. Elle est à l'origine du meilleur comme du pire. Pourtant, plus on dit faire, plus on agit et plus la misère gagne du terrain. Alors ? De toute évidence, il y a quelque chose qui ne va pas. Il serait peut-être tant de réfléchir, au-delà d'une urgence qui évite de penser, ce qu'est la pauvreté et si par les jeux des nécessités et de contraintes qui la fondent, elle n'est pas au cœur de l'émergence et de la mort des organisations sociales ? La lutte systématique contre la pauvreté, sans autres formes de précisions, ne serait-elle pas à l'origine des fractures que connaissent aujourd'hui les sociétés développées ?
Et si, la pauvreté était à l'humanité ce que la mort est à la vie ? A savoir ce qui, idéalement, oblige à inventer le quotidien pour en faire un miracle permanent ?
Cette façon ordinaire, individuelle et collective, de faire face avec discernement sinon intelligence, aux nécessités désagréables ou non du présent. Cette intelligence qui permet alors de s'occuper des lendemains, mais, surtout de songer à l'avenir au point de rêver l'improbable de telle sorte que l'avenir en vienne à inspirer la conviction de chacun au point de faire, en final, de la pauvreté et de la mort, les conditions et les raisons fondamentales d'une vie réussie.
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